RDC : les banques regorgent de liquidités, les entreprises peinent toujours à emprunter
Les avoirs des banques commerciales auprès de la Banque centrale du Congo atteignaient 3 601,13 milliards de francs congolais au 9 octobre. Le crédit reste pourtant cher et difficile d'accès, surtout pour les PME.

Au 9 octobre, les banques commerciales installées en RDC détenaient 3 601,13 milliards de francs congolais (CDF) d'avoirs en monnaie nationale auprès de la Banque centrale du Congo (BCC). Une semaine plus tôt, le montant était de 3 560,1 milliards. Ces chiffres de la BCC ont été relayés le 17 octobre par l'Agence congolaise de presse.
Des réserves qui ne financent pas l'économie
Ce total n'est pas une enveloppe prête à prêter. Sur ce montant, 2 151 milliards de CDF correspondent aux réserves obligatoires imposées aux banques, et les réserves nettes s'élèvent à environ 1 450,1 milliards.
Les banques doivent aussi garder de quoi rembourser leurs déposants et respecter les règles prudentielles. La BCC note qu'aucune opération n'a eu lieu sur le marché interbancaire depuis juin, signe que l'argent ne manque pas.
Un crédit à plus de 22 %
L'argent disponible ne rend pas le crédit accessible. En août, le taux débiteur moyen des crédits en francs congolais atteignait 22,58 %, contre 21,01 % en juillet, d'après la BCC. Commissions et frais de dossier s'y ajoutent selon les banques.
Les PME, premières pénalisées
Pour les petites et moyennes entreprises, le taux n'est qu'un obstacle parmi d'autres. Dans un rapport publié en 2025, la Banque africaine de développement (BAD) cite le manque de garanties, des dossiers de crédit parfois fragiles, le poids de l'économie informelle et les faiblesses de la justice.
La BCC relevait déjà ce paradoxe en 2023 : malgré des liquidités abondantes, l'offre de crédit restait rationnée à cause des risques et des incertitudes économiques.
Le secteur privé n'est pas pour autant privé de prêts. Selon les documents budgétaires du gouvernement, les entreprises privées ont reçu en moyenne 66,47 % des crédits accordés à la clientèle entre 2022 et 2024. Le débat porte surtout sur le coût de ces crédits et sur les entreprises qui y ont accès.
Les pistes pour débloquer le crédit
- renforcer les mécanismes de garantie ;
- formaliser davantage les activités économiques ;
- fiabiliser les informations financières des emprunteurs ;
- proposer des produits adaptés aux PME et des prêts à plus long terme, pour l'industrie et l'agriculture.


